D’autres poissons affichent des niveaux de mercure préoccupants : l’espadon, le requin et le malacanthe bleu. Leur longue durée de vie et leur rôle de prédateurs favorisent une accumulation importante de toxines.
Depuis les années 1950, les scientifiques ont identifié un lien clair entre la consommation de poissons fortement contaminés et l’augmentation des maladies cardiovasculaires, des troubles du système immunitaire et des déséquilibres hormonaux. Le bassin méditerranéen présente un cas particulier : il contiendrait environ 50 % des ressources mondiales de mercure, ce qui se traduit par des niveaux de contamination élevés chez les poissons de cette zone. Selon la revue Environmental Research, les poissons méditerranéens sont bien plus chargés en mercure que leurs homologues atlantiques. Même les œufs des oiseaux marins méditerranéens présentent jusqu’à 4 fois plus de mercure.
Paradoxalement, la Sardaigne, située en Méditerranée, fait partie des rares « zones bleues » du monde, où les habitants vivent exceptionnellement longtemps. Ce paradoxe s’explique par le type de poisson consommé localement : des espèces petites et jeunes comme les sardines, les anchois et le cabillaud, qui se trouvent plus bas dans la chaîne alimentaire et donc moins exposées à la contamination.
Anguille : polluée et en voie d’extinction
Considérée comme un mets raffiné dans de nombreuses cuisines, notamment japonaise, l’anguille pose de nombreux problèmes. Si sa chair devient comestible une fois cuite, son environnement naturel la rend extrêmement contaminée.
Une étude publiée dans la revue Chemosphere a révélé la présence de colorants issus de l’industrie textile dans les tissus musculaires d’anguilles prélevées sur 91 sites en Belgique. Les résultats ont montré que 77 % des anguilles étaient contaminées par ces substances toxiques.
À Taïwan, certaines anguilles ont montré des niveaux élevés de cadmium, un métal lourd issu de l’électrodéposition. Ce contaminant est associé à l’ostéomalacie (ramollissement des os) et à des atteintes rénales. Des recherches ont aussi mis en évidence la présence de retardateurs de flamme et de plastifiants.
Enfin, la durabilité est un problème majeur. Plusieurs espèces d’anguille sont en danger d’extinction, notamment l’anguille européenne. Les tentatives de reproduction artificielle ont échoué, et la pression exercée par la demande croissante, notamment pour les sushis, continue d’épuiser les populations.
Des poissons bons pour la santé et plus sûrs
Acheter des vitamines et des compléments alimentaires
Pour profiter des bienfaits du poisson tout en évitant les risques, privilégiez des espèces jeunes, petites et riches en nutriments. Parmi les meilleures options figurent le saumon, les sardines, les anchois, le cabillaud, la truite et certains types de thon.
Ces poissons sont riches en oméga-3, en protéines, en magnésium, potassium et vitamine B12. Ils ont également des niveaux de mercure plus faibles, sauf pour certaines espèces de thon. Pour limiter les risques, choisissez des thons jeunes comme le thon listao (skipjack), souvent utilisé dans les conserves.
Poisson sauvage ou d’élevage : faites le bon choix
Le poisson sauvage vit dans un environnement naturel, contrairement au poisson d’élevage, élevé dans des cages ou des bassins artificiels. Cette différence impacte grandement leur qualité nutritionnelle.
Par exemple, le saumon sauvage contient davantage d’oméga-3 et moins d’oméga-6 que le saumon d’élevage, ce qui réduit les risques d’inflammation. Il est aussi moins exposé aux antibiotiques et pesticides.
Pour reconnaître un saumon sauvage, fiez-vous à sa couleur rouge-orange intense et à sa queue large, résultat d’une vie passée à nager à contre-courant. En revanche, un saumon d’élevage aura une queue plus petite, signe d’une activité physique limitée.
Si vous achetez des filets de poisson blanc, vérifiez qu’ils présentent une chair ferme et translucide. Enfin, gardez à l’esprit qu’un poisson jeune, comme une sardine ou un cabillaud, a eu moins de temps pour accumuler les toxines, contrairement à un hoplostèthe orange centenaire.
Source : Heart Disease Code